Casablanca, la ville qui aspire à devenir le New York de l’Afrique

Casablanca, ville de contrastes et d’ambitions, se prépare à accueillir la CAN 2025 et la Coupe du monde 2030. Entre modernisation, défis urbains et effervescence économique, la métropole se façonne un avenir à la hauteur de ses aspirations. Décryptage.

Casablanca, la ville qui aspire à devenir le New York de l’Afrique

À l'aube de la CAN 2025 et de la Coupe du monde 2030, Casablanca, ville bouillonnante de 4 millions d'habitants, saisit cette opportunité pour consolider son image de « Grosse Pomme » du continent africain.

De Casablanca de Michael Curtiz à Casanegra de Noureddine Lakhmari, en passant par WWW: What a Wonderful World de Faouzi Bensaïdi, la capitale économique du Maroc a toujours fasciné et inspiré. À la fois éclatante et excessive, populaire et intellectuelle, effervescente et indomptable, elle est une ville qui ne dort jamais, une scène où se jouent mille et une vies.

De Ain Diab à Sidi Moumen, d'Anfa à Derb Sultan, en passant par Californie et Derb Ghallef, « Casa » est un kaléidoscope de contrastes où l'élégance côtoie l'exubérance, où la créativité surgit au milieu du chaos. Comme un personnage d'Almodóvar, Casablanca est excessive, imprévisible et attachante. On la critique, on la fuit, mais elle finit toujours par nous happer.

Une ville cosmopolite, un état d'esprit

Si les « vrais » Casablancais, descendants des Berghwatas, se font rares, la ville est avant tout un creuset de cultures. Marocains de toutes les régions, Européens en quête de nouvelles opportunités, Africains subsahariens établis autour du marché « sénégalais » et des quartiers comme Oulfa : tous participent à l'énergie unique de la ville. À l'image des immigrants débarquant à Ellis Island, ils viennent à Casablanca avec un rêve : bâtir un avenir meilleur.

Une terre de promesses et de paradoxes

Casa incarne cette ambition. Comme New York, elle aime l'or et l'argent et ne cache pas son goût pour le luxe et la réussite. Ici, chacun redouble d'ingéniosité pour générer des revenus et les dépenser en voitures, bijoux ou sorties. Mais ce n'est pas seulement une ville de consommation : c'est aussi un centre névralgique de la finance. Casablanca Finance City, érigée sur l'ancien aéroport d'Anfa, ambitionne de faire de la ville un hub financier africain, attirant multinationales et investisseurs à l'image de Wall Street.

Depuis le début du règne de Mohammed VI, Casablanca se rêve locomotive économique pour toute la région. Pourtant, la gestion de la ville a longtemps été marquée par des conflits entre les autorités et les élus locaux. Entre absence de vision à long terme et pilotage souvent sécuritaire sous Hassan II, la ville a connu des décennies de tâtonnements urbanistiques, freinant son développement.

Un tournant stratégique avec les grands événements à venir

Aujourd'hui, l'approche de la CAN 2025 et du Mondial 2030 accélère les transformations. Sous la direction du wali Mohamed Mhidia, des projets ambitieux voient le jour : réaménagement du parc de la Ligue arabe, construction du grand stade Hassan-II de 115 000 places, développement du réseau express régional (RER) pour désengorger la circulation.

Après des années d'attente et de frustrations, Casablanca semble enfin entrer dans une nouvelle ère. Une ville en perpétuelle mutation, où le chaos et la modernité se croisent, où chaque coin de rue raconte une histoire. Une ville indomptable, fascinante, qui, envers et contre tout, continue de rêver en grand.


La rédaction d'AfriqueFranchise.com